Études de cas

ÉTUDE DE CAS 1

Éducation des communautés et renforcement des capacités pour éradiquer le mariage précoce au Kenya

 

Dans les districts de Kwale et Kinango au Kenya, l’âge moyen des mariées n’est que de 12 ans. Malgré l’illégalité du mariage des enfants au Kenya, cette pratique reste profondément enracinée et sert souvent d’alternative économique aux familles pauvres.

Dans le contexte de la recommandation conjointe du CEDAW et du Comité des droits de l’enfant (CRC), le projet sur le mariage des jeunes filles a été lancé en mars 2008 par l’ONG Plan International. Il envisageait d’employer des approches innovantes pour protéger les filles de la pratique illicite du mariage des enfants.

Plus spécifiquement, le projet visait à modifier les pratiques culturelles qui autorisent de manière récurrente le mariage des enfants, en travaillant au niveau sociétal pour reconnaître et confronter les PN à leurs enfants.

Le projet a rassemblé un consortium de diverses parties prenantes, renforçant la collaboration entre les décideurs politiques, les organisations de la société civile, les défenseurs locaux et les professionnels de la santé. Avant de concevoir le plan d’action approprié, une analyse des attitudes culturelles qui perpétuent les normes discriminatoires a été menée, afin d’établir un cadre d’action global. Les perspectives les plus positives sont venues du renforcement des capacités intersectorielles, concernant les enseignants, les comités de gestion des écoles et les dirigeants locaux.

Les preuves recueillies sur l’impact du projet montrent comment les forums de dialogue intergénérationnel animés par les enfants ont accru la prise de conscience des conséquences néfastes des pratiques traditionnelles, ouvrant déjà la voie à un changement de mentalité.

De plus, le soutien accru au niveau communautaire a le potentiel de conduire à des attitudes plus favorables à l’égard des droits des filles. Les responsables, tels que les enseignants, ont par la suite fait preuve d’un engagement accru dans la lutte contre les mariages précoces, garantissant que les filles restent à l’école et terminent leurs études.

ÉTUDE DE CAS 2

Changer les normes sociales en Éthiopie grâce à la sensibilisation

 

ONU Femmes a mis en œuvre plusieurs plans d’action dans les pays africains pour contribuer à changer les attitudes sociales qui conduisent à la prévalence des crimes contre les femmes. En octobre 2023, un résumé de sa campagne en Éthiopie a été publié, révélant à quel point les facteurs sociaux sous-jacents peuvent affecter les réalités culturelles.

L’étude de cas illustre la question du mariage des enfants dans la région, à travers le témoignage de Mengistie Tegenie, un jeune homme dont les quatre sœurs ont été forcées à se marier très jeunes. L’initiative d’ONU Femmes, en partenariat avec d’autres organisations locales et internationales, a débuté en 2021 et a alloué des fonds pour prévenir et lutter contre le mariage des enfants dans les pays d’Afrique.

La tâche principale a été la création de campagnes de sensibilisation au niveau local, sous la forme de conversations communautaires avec les femmes, les enfants et les hommes. L’innovation clé a été l’implication des dirigeants communautaires, qui peuvent contribuer à modifier la notion selon laquelle les PN affectent les femmes et les filles.

ÉTUDE DE CAS 3

les Centres de justice familiale – Belgique – aident les victimes des PN traditionnelles

 

Cette approche pionnière de la violence domestique rassemble sous un même toit différentes organisations telles que la police, le ministère public, l’aide sociale, les municipalités locales, les services (de protection) de la jeunesse, les services de probation, entre autres.

Si le fait que les organisations aient des représentants dans un seul endroit est élément essentiel du système, il s’agit tout autant d’apprendre à se connaître, de connaître les possibilités et les limites de chacun. Il s’agit de créer une vision commune et un langage commun pour renforcer la coopération et les solutions sur mesure. Cela se situe au niveau politique, mais surtout au niveau des victimes, car il n’existe pas deux cas identiques. Tout – que ce soit en rapport au risque, au préjudice, à la motivation de la violence, à la façon dont on peut lutter contre la violence, aux impacts sur la victime et les membres de sa famille – doit être exploré en collaboration. Cela signifie détecter les facteurs de risque, partager des informations, analyser la situation, rechercher des tendances, déterminer le profil de PN (par rapport aux familles en détresse, contrôle coercitif, divorce très conflictuel…) et développer une approche sur mesure pour chaque situation individuelle, sans jamais perdre de vue la sécurité de toutes les personnes impliquées, notamment celle des enfants. Les décisions sont prises en fonction du meilleur intérêt des victimes – et non en fonction de ce qui est le plus simple ou le plus rapide.

Dans le cas des PN traditionnelles, les centres de justice familiale peuvent proposer une approche multi- agences et systémique pour aider les victimes. Pour illustrer son fonctionnement, l’équipe qui travaille sur les violences liées à l’honneur au sein du Centre de justice familiale du Limbourg peut servir d’exemple. Le Centre travaille en coordination avec des policiers et des professionnels du bien-être pour s’occuper des victimes qui ont subi cette forme de violence.

Lorsqu’il s’agit de traiter les victimes de PN, il est fondamental de procéder à une analyse approfondie de la nature, du niveau et de l’immédiateté du risque. À cet égard, il est essentiel d’avoir une solide compréhension des liens familiaux, de l’environnement communautaire et des moteurs de la pratique. De plus, les centres veillent à ce que plusieurs agences comprennent parfaitement les risques liés à l’honneur et aux autres PN, afin d’éviter d’autres risques possibles.

De même, l’approche adoptée dans les cas de violence d’honneur est tout à fait adaptée à la situation de la victime. Par exemple, l’engagement auprès des membres de la communauté n’est pas toujours possible, car cela peut accroître le danger pour le bien-être d’une victime. Dans certains cas même, la séparation totale d’avec la famille peut être la seule solution efficace pour ne pas mettre en danger la victime, voire les membres de la famille opposés aux pratiques illégales. La séparation totale est extrêmement difficile pour les victimes qui, dans de nombreux cas, décident de rentrer pour se faire accepter. Dans ces circonstances, le centre peut favoriser des retours plus sûrs en s’engageant avec la famille et les dirigeants communautaires pour trouver une solution adaptée aux souhaits et aux besoins de la victime.

ÉTUDE DE CAS 4

Évaluation du projet pilote London HPs

 

Un exemple de processus d’évaluation peut être vu après le projet pilote dirigé par le maire de Londres. Le projet pilote HPs du Bureau du maire pour la police et la criminalité (MOPAC) visait à améliorer la manière dont les agences identifient et réagissent aux MGF, à la violence basée sur « l’honneur » (VBH), au mariage forcé et aux abus fondés sur la foi, en mettant l’accent sur l’identification précoce et la prévention, la sauvegarde et le soutien, ainsi que l’engagement communautaire. Il impliquait trois domaines de travail clés : la formation des professionnels; un service d’éducateur-avocat et une activité d’engagement communautaire. Le rapport d’évaluation final repose sur un rapport intermédiaire de la première année produit en juin 2016, qui se concentrait principalement sur la mise en œuvre, les points de vue des participants à la première tranche de sessions de formation et les premières expériences des professionnels et des communautés recevant des services dans le cadre de la réalisation du projet pilote.

Les objectifs de l’évaluation consistaient à examiner de manière critique la mise en œuvre et à recueillir les points de vue des praticiens et des communautés. Selon le rapport, « le travail d’évaluation sur le terrain a incorporé une gamme holistique de méthodes pour capturer à la fois « les chiffres et les histoires » des personnes impliquées dans le projet pilote » (p. 7). Cela comprenait : des enquêtes auprès des parties prenantes, des enquêtes de retour sur la formation, des enquêtes sur l’engagement communautaire, des entretiens semi-structurés en face-à-face ou par téléphone avec les parties prenantes, le personnel pilote, les praticiens et les clients ; les observations lors de quatre séances de formation et de cinq événements d’engagement communautaire ; et des données de performance concernant à la fois les cas individuels pris en charge et la réalisation globale du projet pilote..

Références:

Pour plus de détails, voir le toolkit.